Le Soleil est l’unique étoile de la tolérance, il brille pour tous. Kheira Chakor
Dès la première lueur d’intelligence, l’esprit humain, s’élevant au-delà des formes de vie inférieures, fut inévitablement attiré par les phénomènes célestes. Il observa le globe flamboyant du jour monter dans les hauteurs en traversant l’arc azuré, pour finalement plonger, décliner dans l’obscurité occidentale. Ainsi découvrit-il l’alternance du jour et de la nuit ; la nécessité le guidant à entamer ses tâches au lever du Soleil, et à chercher refuge à l’approche de la nuit. Il se mua ainsi en observateur du temps.
Une expérience plus vaste encore instilla la certitude d’une succession ordonnée des saisons. Les pluies hivernales étaient succédées par les sécheresses estivales. Le froid cédait à la chaleur et la chaleur au froid. Pour le chasseur, ces périodes signifiaient l’abondance ou la rareté du gibier, l’obligeant à stocker durant les temps propices pour les périodes de pénurie. Attendant avec impatience le retour des jours fertiles, il devint alors observateur des saisons.
En tant que gardien de troupeau, notre ancêtre initial scrutait les jours qui s’étaient raccourcis ou allongés ; lorsque le Soleil, lors de son périple annuel, franchissait un certain groupe d’étoiles, il savait par expérience que bientôt la verdure surgirait sur le flanc de la montagne, et guidait son troupeau des vallées vers ces riches pâturages. Ainsi le fermier apprenait à labourer et à semer lorsque certaines constellations émergeaient avec le lever du soleil. La récolte approchait quand d’autres constellations faisaient leur apparition, et la morosité hivernale était annoncée par l’orientation australe de l’astre diurne. L’homme primitif devint ainsi astronome, sa survie dépendant en grande partie de sa capacité à déchiffrer, en harmonie avec le climat et les habitants terrestres, les effets des phénomènes célestes.
Constatant les puissantes influences que les corps célestes exerçaient sur tout ce qui lui était externe, il était naturel que ceux qui se penchaient sur ces questions cherchent à déterminer leur impact sur l’homme lui-même. De manière générale, on remarqua que les individus nés au printemps, juste après l’équinoxe, étaient plus énergiques et débordants d’initiative que ceux nés en d’autres périodes de l’année. Les personnes naissant sous le même groupe d’étoiles levant à l’horizon partageaient des traits communs. De même, l’emplacement lunaire avait une influence sur les capacités cognitives. De ces observations, couvrant de vastes périodes, orientées vers la recherche de la relation entre l’homme et les étoiles, émergea la noble science de l’Astrologie. L’astronomie fut explorée, les observations minutieusement consignées, uniquement pour démêler les effets de l’influence céleste sur l’homme. Et en tant que fondement essentiel à l’étude astronomique, la discipline mathématique fut développée.
L’astrologie n’était pas seulement abordée comme une voie pour en retirer un bénéfice matériel, mais comme un savoir sacré. Le cosmos, tout comme le corps physique humain, était vu comme l’expression d’une Intelligence Sage. Tout comme l’homme manifestait sa volonté par l’action, les mouvements célestes étaient perçus comme des manifestations de la volonté divine.
À travers les années et les siècles, une classe d’hommes émergea, naturellement douée pour l’observation des étoiles et la formulation scientifique des phénomènes célestes et terrestres. Ils devinrent les Mages (le nom donné par les Babyloniens (Chaldéens), Mèdes, Perses, et autres, aux hommes sages, enseignants, prêtres), les premiers savants. À l’instar de la classe militaire se séparant de la masse par sa force physique, sa soif de pouvoir et sa belligérance, évoluant en souverains, ces érudits s’émancipèrent par leur supériorité mentale et spirituelle. Philosophes, sages, scientifiques, conseillers spirituels et prêtres, ils furent les guides spirituels, tout comme les Rois furent les guides temporels.
Tout comme la culture façonna de puissants guerriers, la discipline rigoureuse endurcie par les prêtres depuis leur enfance engendra des hommes aux capacités intellectuelles et spirituelles importantes, dont l’esprit vif et les facultés d’âme lucides sondèrent les recoins intimes de la nature. Très tôt, ces anciens sages discernèrent une relation harmonieuse entre l’organisme humain et les étoiles incandescentes du firmament, une correspondance évidente entre certains principes universels et l’anatomie humaine. Ils découvrirent que certains principes inscrits dans la nature se manifestaient dans l’influence des étoiles, sur la terre, dans les flots de la mer, dans l’air et dans le corps humain.
Lentement, graduellement, avec une patience infinie, ces correspondances furent traquées entre les choses terrestres représentant un principe et les parties de la sphère céleste portant la même influence. À mesure que ces correspondances étaient établies, il devenait impératif pour les anciens astronomes de les inscrire dans le ciel, afin que leur signification ne se perde pas pour les générations à venir.
Au cours de l’étude des cycles solaires, l’imagination joua un rôle crucial. Avec elle, l’esprit tissa des images fantaisistes parmi les étoiles ; car souvent, les constellations ne ressemblaient en rien aux animaux ou objets qu’elles étaient censées représenter. Pour être précis, les signes du zodiaque, les décanats, exerçaient ces influences, non pas les constellations elles-mêmes, mais les différentes réactions de sections du zodiaque. Ainsi, étape par étape, ce qui était enraciné dans l’âme humaine reçut son pendant céleste sous le dôme étoilé ; le tout fut formalisé par les premiers astronomes-astrologues dans la célèbre Science de l’Âme et des Étoiles.